1910 2010

 


Hebdo 12 mai 2011site


L'Hebdo du jeudi 12 mai 2011



Remise dvd journee du patrimoines2


Remise du DVD et du livre souvenir le 18 septembre 2010
en commémoration des crues de la Loire de 1910
par l'association
«Entre Divatte et Goulaine - 1910-2010»


Maison bleu groupe2


Les membres de l'association 
"entre Divatte et Goulaine 1910-2010"
à la maison bleu


Pompedegoulaine2 Pompedegoulainegroupe2


Visite des pompes de Goulaine
 près de 200 personnes
 dimanche 19 septembre à 10 heure
Lien : www.100ansdelacrue.fr

Textes des chansons crées pour le DVD

L’adresse de « l’association Gabare » : 13 avenue Halgan 44300 NANTES  
- la page web : http://gabarechantsdemarins.free.fr

Le long de la Levée  ( Ré)
Texte : F.Ferrand Musique : J.L. Davalo

Bien vite installons la voilure, le port de Nantes nous quittons,
Pour Saint Florent ou bien Saumur, les vents d’ouest nous pousserons ;
Posant sur nos chalands, des parfums d’océans.
Certains bateaux ont fait escale au joli port de Boire Courant.

Tout le long de la Levée, laissez vous transporter au fil des vents qui passent.
Ils viendront vous raconter l’histoire des mariniers de village en village.
Car ils en ont remonté devant ce vieux perré des fûteaux, des gabares 
Gonflant leurs voiles carrés, offrant aux guirouées leur robe de mariée.

Garçon, abattons la mâture, il va falloir passer ce pont.
Si parfois le travail est dur, nous avons des satisfactions.
Quand chauffe le soleil, allongé sur le pont.
Et qu’un fil à la traîne, invite le poisson.

L’eau est source de la vie, nous faisons mes amis un métier formidable.
De rivière en canaux, nous voyageons partout entre Anjou et Bretagne ;
Et de chantier en chantier nous chargerons déchargerons l’utile et l’agréable ;
du chanvre ou bien de l’osier, du sel et puis du blé, du rhum, du vin d’Espagne.

Jadis, au retour de l’hiver, le fleuve recouvrait la vallée ;
Mais lorsque la digue fut faite, plus moyen de la retrouver.
C’est pour ces amourettes qu’un cœur peut déborder
Enjamber la murette, revoir sa bien-aimée.

Plus question d’aller s’étendre au détour d’un méandre sur cette terre estimable.
La digue bien renforcée devient pour la vallée son épine dorsale.
Mais peut-on se résigner, Ne plus que caresser si charmante compagne ;
Les amours sont-elles plus belles en prélude éternel ou rencontre de bal ?

Nos voies ne sont plus navigables, car les routes et les voies ferrées
On fait de la Loire, un chenal pour les bateaux de plaisanciers
Il reste le grand Charles parmi les rescapés
Qui remonte du sable utile aux maraîchers.

Nous avons pu voir ainsi, le trépas des trémies, plus question de dragages.
Les sabliers sont partis ; le temps pour eux aussi fut compté c’est dommage
Quand des cales pleines de vie, la Loire en harmonie incitant aux voyages ?
Les saulniers, les chauffumiers  et autres sabliers écrirent de belles pages.

Lorsque l’on voit les hirondelles vers les nuages tournoyants
Des ancres lancées vers le ciel, escales des plus beaux printemps
Le long de la Divatte, le Loire est appréciée
Merci d’avoir jeté des ancres à l’encrier.

Pour aller se restaurer, on pouvait aller bournéier au port de la Chebuette
Ou à la Pierre Percée, au bar des mariniers, les vignes étaient en fête ;
Et des filles à croquer comme pommes au verger à l’heure de la cueillette
Entraînaient sur la levée, les garçons mariniers qui leur contaient fleurette.

 

Automne 1910

Refrain 
La Loire elle est en crue…que d’eau, que d’eau.
La Divatte n’en peut plus…que d’eau, que d’eau.
La digue s’est effondrée… que d’eau, que d’eau.
La vallée est noyée… que d’eau, que d’eau.
   I
Automne 1910, le ciel fait des caprices.
Et sous les trombes d’eau, la Loire fait le gros dos.
A l’étroit dans son lit, elle gonfle et puis s’enfuit.
Oui mais à la Praudière, elle joue les filles de l’air.
   II
Bien qu’on s’y attendait, voyant qu’elle souffrait.
Les valliats habitués à ces calamitées.
Au Loroux la Chapelle, Saint Julien Basse Goulaine.
On s’est organisé et prêt à tout quitter.
   III
On a mis à l’abris, famille bêtes et frichti.
Regardant tristement, disparaître nos champs.
Villages des Amourettes de Bel-Air d’la Chebuette
Sont les premiers touchés par cette dévergondée.
   IV
L’eau continue d’monter où va-t-elle s’arrêter
A Embreil étalée le p’tit Anjou coupé
Et avec la Goulaine elle a compté fredaine
Et au port du Montru les chap’lains l’on bien vue.
   V
Avec un tel niveau on ne voyait que d’l’eau.
On range les vélos on s’déplace qu’en bateau
Comment faire pour évacuer une si grande quantité.
Les gars d’ponts et chaussés les portes ont fait sauter.
   VI
La Loire s’étant calmée peu à peu s’est retirée.
Laissant bien derrière elle une très mauvaise haleine.
Les valliats déterminés les manches ont retroussées.
Sachant que malgré tout ils l’aimeraient toujours.
   VII
Malgré tous ces dégâts pas d’morts chez les valliats
On est tous très contents d’être encore bien vivant
D’autres crues  aura la Loire recommencera
Les jeunes générations comme nous s’adapteront.
 

 
 

 

Ci-dessous 2 témoignages des évènements de 1910 recopier sur des bulletins paroissiaux fournie par un ami historien de l'AIDLD 
( A. Bergerat)


Basse-Goulaine et les inondations de 1910

 

Comme toutes les communes riveraines de la Loire, et plus encore celles qui se croyaient à l’abri du fait de la construction de la levée de la Divatte, Basse-Goulaine a été marquée par l’inondation de 1910 qui continue à faire office de crue référence quand on évoque les débordements du fleuve.
L’histoire de cette crue historique est bien connue. Dans le cas de Basse-Goulaine, il faut seulement souligner que la situation géographique de la commune, la plus en aval de toutes les communes concernées, la rend plus sensible encore dans la mesure où l’eau met forcément plus de temps à s’écouler. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les responsables municipaux se sont empressés de demander, dès le dimanche 4 décembre (deux jours après la catastrophe) que l’on coupe au plus vite la levée en face de Basse-Goulaine afin que l’eau venant de l’amont puisse s’écouler plus rapidement par une large brèche. Demande qui a été acceptée par les ingénieurs qui , dès le lendemain, ont fait sauter les portes de la Goulaine.
Et quelques jours après, le jeudi 8 décembre, notre commune recevait la visite du ministre des Travaux Publics (du gouvernement dirigé alors par Aristide Briand), Puech, et du sous-secrétaire d’Etat à la Marine qui n’était autre que le maire de Nantes, Gabriel Guist’hau.
Le registre des délibérations du conseil municipal nous relate de façon assez sèche cette visite et consacre l’essentiel de ses rapports à la question des secours. Ce que l’on peut retenir de cette lecture, c’est que l’aide aux humains semble moins cruciale que celle accordée aux animaux sinistrés puisque l’on apprend que 150 vaches et chevaux doivent être secourus journellement, alors que rien ne nous indique le nombre exact de personnes sinistrées. Par contre, un petit détail amusant (si l’on peut dire), 20 francs sont alloués à deux familles goulainaises obligées de faire fabriquer des cercueils doublés en zinc pour la femme Cottineau François et pour la veuve Chantreau qui ont décédé durant l’inondation du cimetière (on nous précise même que chaque cercueil a coûté 38 francs).
A Basse-Goulaine, comme dans toutes les communes voisines, l’inondation est au cœur des discussions. On évoque les responsabilités des uns ou des autres. Mais, à ce sujet, c’est l’opinion du curé de l’époque, l’abbé Meynier, qui retient notre attention. Ce curé, qui est resté en poste à Basse-Goulaine de 1966 à 1924, était très engagé dans la vie politique et il en voulait particulièrement à cette République laïque qu’il combattait vigoureusement dans son bulletin paroissial, Le Réveil, ainsi qu’on peut le constater dans cet extrait :
Les calamités du temps présent doivent nous rappeler que Dieu est notre Maître et notre Juge. Semblables fléaux ne sont point l’effet du hasard, mais bien un avertissement de Dieu pour nous amener au repentir et au respect des lois. Les impies ne peuvent pas croire aux châtiments de Dieu. Ils disent qu’il y a trente ans de semblables inondations se sont produites et, qu’à des intervalles plus ou moins éloignés, les mêmes faits se reproduisent par suite de certaines dispositions. Mais, il y a trente ans, n’était-ce pas l’époque à laquelle on préparait les lois qui avaient pour but de chasser Dieu de l’école ? Mais, en janvier dernier, les inondations ne coïncidaient-elles pas avec la discussion à la Chambre des projets Doumergue dont le but était de détruire la foi de nos enfants ? Et, ces jours-ci, les inondations n’ont-elles pas coïncidé avec les déclarations faites à la Chambre, et dans lesquelles était manifeste une fois de plus l’intention de mener jusqu’au bout l’œuvre de laïcité menée depuis trente ans ? On ne se moque pas de Dieu en vain… En présence des crues persistantes, le gouvernement a pris toutes les mesures nécessaires… Oui, sauf la principale… qui est de fermer le robinet, c’est-à-dire arrêter le courroux de Dieu par la prière et le repentir. Comment en effet Dieu pourrait-il nous accorder ses bienfaits quand il est insulté, ses lois méconnues et le dimanche profané ? Profitons de l’avertissement de Dieu et vivons plus chrétiennement. La période de l’année dans laquelle nous entrons nous y invite tout particulièrement :aujourd’hui, c’est en effet le premier dimanche de l’Avent.


Livre de la paroisse de Basse-Goulaine
tenu par l’abbé Meynier

décembre 1910

L’année 1910 s’est terminée par un évènement dont le souvenir attristera pendant longtemps notre paroisse. Je ne saurais mieux le décrire qu’en en transcrivant les différentes phases que le Réveiil de Basse-Goulaine rapportait chaque semaine de cette terrible catastrophe.
J’ai parlé du Réveil. La précédente note en faisait déjà mention. Nous avons donc à Basse-Goulaine un petit format ou Bulletin paroissial dont la fondation remonte en juin 1908 et qui est en pleine prospérité. Il a eu pour but et il a pour résultat, en rappelant aux habitants les évènements qui peuvent les intéresser, de diminuer la vente et la lecture des journaux qui peuvent leur nuire. J’ajoute que cette publication hebdomadaire intéressante réalise l’idéal de ce qu’on peut demander à une bonne œuvre. Elle ne coûte rien, elle se suffit largement.
Voici donc ce que son gérant, Mr l’abbé Boissellier, écrivait à la date du 27 novembre, quand le désastre ne faisait que commencer :
« En présence de la crue persistante de la Loire, en présence aussi de la situation pénible faite à nos villages de la Rivière et de la Vallée par l’inondation de leurs terres et l’impossibilité d’ensemencement, de graves réflexions s’imposent. Les calamités des temps présents doivent nous rappeler que Dieu est notre Maître et notre Juge. Semblables fléaux ne sont point l’effet du hasard, mais bien un avertissement de Dieu pour nous amener au repentir et au respect des lois. Les impies ne peuvent pas croire aux châtiments de Dieu. Ils disent qu’il y a trente ans de semblables inondations se sont produites et, qu’à des intervalles plus ou moins éloignés, les mêmes faits se reproduisent par suite de certaines dispositions. Mais, il y a 30 ans, n’était-ce pas l’époque à laquelle on préparait les lois qui avaient pour but de chasser Dieu de l’école ? Mais, en janvier dernier, les inondations ne coïncidaient-elles pas avec la discussion à la Chambre des projets Doumergue dont le but était de détruire la foi de nos enfants ? Et, ces jours-ci, les inondations n’ont-elles pas coïncidé avec les déclarations faites à la Chambre, et dans lesquelles était manifeste une fois de plus l’intention de mener jusqu’au bout l’œuvre de laïcité menée depuis 30 ans ? On ne se moque pas de Dieu en vain. Les impies auront beau dire en souriant : « Pur hasard que tout cela ». Mais n’est-ce pas plutôt cette phrase lue dans les journaux qui doit nous faire sourire ? « En présence des crues persistantes, le gouvernement a pris toutes les mesures nécessaires ». Le povre, dirait le Marseillais, les mesures sont prises.. tout comme le concierge qui s’apercevant d’une fuite d’eau au 4ème étage néglige de fermer le robinet, mais s’empresse de faire des barrages au 1er et vient vous dire triomphalement : « L’eau n’ira pas plus loin, j’ai pris toutes mes mesures » ! Oui, sauf la principale, qui est de fermer le robinet. Ainsi en est-il actuellement : toutes les mesures sont prises, sauf la première et la principale qui est de fermer le robinet, c’est-à-dire arrêter le courroux de Dieu par la prière et le repentir. Comment en effet Dieu pourrait-il nous accorder ses bienfaits quand il est insulté, ses lois méconnues et le dimanche profané ? Profitons de l’avertissement de Dieu et vivons plus chrétiennement. La période de l’année dans laquelle nous entrons nous y invite tout particulièrement :aujourd’hui, c’est en effet le premier dimanche de l’Avent. »
La semaine suivante de Xbre, le Réveil écrivait :
« Au moment où nous imprimons le Réveil, la Loire ne monte presque plus et les craintes du désastre sont, pour le moment, écartées. Il était déjà assez triste de voir les gens de la Vallée obligés de fuir leurs maisons et d’emmener au loin leur bétail, sans avoir à déplorer une inondation aussi terrible que celle qui nous menaçait. Grâce au dévouement de tous la Levée a pu être protégée et les « murettes » consolidées ont résisté à l’énorme pression. Après avoir fait tout ce qui était en notre pouvoir, n’oublions pas de prier Dieu et de lui demander d’avoir pitié de nous. »


 

Affiche 1910 2010site

 

 

Le 18 septembre 2010 à 11heure:
Pose d’une plaque commémorative sur les lieux de la rupture 
de la Levée de la Divatte le 2 décembre 1910
(village de Bel Air à  St Julien de Concelles)
A l’initiative de l’association et avec le soutien du Conseil Général.
  

Journée du patrimoine du 19 Septembre 2010  
sur le thème des inondations 1910



   EDITORIAL

Le 2 Décembre 1910, la crue de la Loire provoqua la rupture de la Levée de la Divatte au lieu dit « Bel-Air » sur la commune de St Julien-de-Concelles. L’eau envahit la vallée…jusqu’au marais de Goulaine. Les dégâts furent importants mais sans victimes parmi la population. Les repères de crues, les cartes postales, les archives départementales, celles du Syndicat de la Divatte et notre mémoire collective conservent la trace de cette catastrophe.

100 ans après, une association « Entre Divatte et Goulaine 1910 – 2010 » s’est constituée avec les sept communes concernées : La Chapelle Basse-Mer , St Julien-de-Concelles,  Basse-Goulaine, Haute-Goulaine, La Chapelle-Heulin, le Landreau et le Loroux-Bottereau, ainsi que les syndicats mixtes Loire et Goulaine et celui du Pays du Vignoble Nantais. Les associations suivantes participent activement :
- l’association intercommunale de défense de la levée de la Divatte
- le Loroux animation culture
- l’office du tourisme Loire-Divatte
- l’association du patrimoine chapelain
- le centre socio-culturel Loire-Divatte
- l’association des marais pédagogiques,
- l’association Vimage
- le groupe patrimoine Vallet
- les collectionneurs de Goulaine
ainsi que des géographes, historiens et simples citoyens concernés par le projet. 

Tous ces acteurs vous proposent, sur le second semestre 2010 et janvier 2011 de :
- de revivre cet évènement au travers des cartes postales, témoignages, découvertes des repères de crues,
- de porter un regard sur le contexte de la levée de la Divatte et celui du marais de Goulaine qui furent au cœur des évènements de décembre 1910,
- de réfléchir et de vous informer sur le thème des inondations au travers des conférences.
Le programme détaillé, ci-après, est composé autour des trois temps forts suivants :
- les journées du patrimoine des 18 et 19 septembre 2010
- le cycle des trois conférences sur le thème des inondations les 12, 15 et 16 octobre 2010
- les expositions des cartes postales, de l’histoire de la Levée de la Divatte, le livre des souvenirs des cartes postales et le DVD permettant de faire le lien 1910 – 2010 qui seront présentés dans chacune des communes entre septembre 2010 et janvier 2011.

Nous ne terminerons pas cet éditorial sans  faire référence à la catastrophe de fin février 2010 dans le sud Vendée, alors que nous faisons collectivement référence aux inondations de 1910, il nous a semblé important de marquer notre solidarité avec la population touchée par la tempête Xynthia. En accord avec l’association des victimes de la Faute sur Mer, nous consacrerons une quote-part de la vente du livre souvenirs et du DVD à un don à cette association.

1910 – 2010, à un siècle d’écart, il est nécessaire de nous interroger sur notre histoire, mais également sur notre présent et l’environnement qui est entre nos mains…

 

 André BERNARD
 Président de l’association 
 « Entre Divatte et Goulaine 1910-2010

 

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